Auto-entrepreneur : le guide complet

Le statut le plus simple pour se lancer. Mais attention aux plafonds, aux charges et aux pièges que personne ne t'explique.

Les plafonds de chiffre d'affaires

En 2025, les plafonds sont de 188 700€ pour les activités de vente de marchandises et de 77 700€ pour les prestations de services et professions libérales. Si tu dépasses ces seuils deux années consécutives, tu bascules automatiquement en entreprise individuelle classique.

Les charges sociales

Tu paies des cotisations proportionnelles à ton chiffre d'affaires. Pas de CA = pas de charges. Les taux : 12,3% pour la vente, 21,2% pour les services commerciaux et artisanaux, 21,1% pour les professions libérales (CIPAV) ou 23,2% (SSI).

L'ACRE : l'exonération de la première année

Si c'est ta première création, tu bénéficies de l'ACRE : exonération de 50% des charges sociales pendant 12 mois. Tes taux passent à 6,2% (vente) ou 10,6% (services). C'est automatique, mais attention : il faut en faire la demande dans les 45 jours suivant la création.

La TVA

Tu es en franchise de TVA en dessous de certains seuils (36 800€ pour les services, 91 900€ pour la vente). Tu ne factures pas la TVA, mais tu ne la récupères pas non plus sur tes achats. Mention obligatoire sur tes factures : "TVA non applicable, art. 293 B du CGI".

Si tu dépasses ces seuils, tu deviens redevable de la TVA. C'est le piège classique : un mois tu franchis le seuil, le mois suivant tu dois facturer la TVA sur toutes tes factures en cours.

La protection sociale

Sujet sensible. En auto-entrepreneur, ta protection sociale est proportionnelle à ce que tu cotises. Si tu gagnes peu, tu cotises peu, donc tu valides peu de trimestres de retraite et tes indemnités journalières seront faibles.

Pas de mutuelle obligatoire, pas d'assurance chômage, pas de prévoyance. Tu peux (et tu devrais) souscrire des assurances complémentaires.

La comptabilité

Ultra-simplifiée : un livre de recettes chronologique et un registre des achats (si activité de vente). Pas de bilan, pas de compte de résultat, pas d'expert-comptable obligatoire. Tu déclares ton CA chaque mois ou chaque trimestre sur le site de l'URSSAF.

Les limites du statut

  • Responsabilité illimitée : ton patrimoine personnel est engagé (sauf résidence principale protégée depuis 2015)
  • Crédibilité limitée : certains clients ou partenaires préfèrent travailler avec une société
  • Pas d'associés : tu es seul, impossible de s'associer
  • Charges non déductibles : tu ne peux pas déduire tes frais réels (loyer, matériel, déplacements)

Quand passer en société ?

Si ton CA dépasse régulièrement 50 000€, que tu as beaucoup de frais, que tu veux t'associer ou que tu veux une meilleure protection : il est temps de passer en SAS ou SARL. Créatio t'accompagne dans cette transition.